Mon Parcours
Mes premières études se sont orientées vers les sciences. Après un baccalauréat scientifique, j’ai poursuivi, presque machinalement, mon parcours jusqu’à un master en électronique, avec une spécialisation en intelligence artificielle.
Cependant, ce secteur ne me parlait pas. Les débouchés se concentraient surtout dans l’automobile, l’armée ou de grandes industries, qui me semblaient froides et inhumaines.
Un stage m’a permis de travailler à Radio France, dans le domaine de l’audio : d’abord comme technicien en studio de production, puis comme formateur sur les consoles numériques.
Avec la numérisation progressive de la radio, mon métier a peu à peu glissé vers l’informatique. Pour moi, la chaleur du son s’était perdue, et une nouvelle fois, mon travail me paraissait dépourvu de sens. J’y suis resté huit années.
Je devais me reprendre en main. Malgré un salaire satisfaisant et la sécurité de l’emploi, je ressentais un manque profond : je voulais du sens.
Qu’est-ce qui me fait vibrer, me passionne, me donne envie d’apprendre ?
La musique, les métiers manuels, et surtout…le bois. Son odeur, sa texture !
2016 : une reconversion.
Après des mois de recherches, de démarches administratives et de batailles pour obtenir un congé de formation, je démarre une nouvelle vie à Barcelonnette, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Là-bas se trouve une école d’ébénisterie, nichée dans un décor à couper le souffle, bien loin du périphérique parisien qui m’étouffait.
Dès la première semaine, j’ai su que les métiers du bois m’accompagneraient toute ma vie. Je garde une immense gratitude envers mon formateur, Monsieur Christian Reynier, qui m’a transmis son savoir-faire et son amour du bois.


2018 : un deuxième apprentissage.
Quand on plonge dans l’univers du bois, on découvre très vite un monde où chaque métier devient un art, chaque geste une maîtrise : le Japon.
Je rêvais de voir ce pays pour son art, son travail de la matière et sa vision de la grandeur. Avec un visa de travail en poche, j’avais carte blanche pour un an. Mais un obstacle de taille se présentait : je ne parlais pas japonais. Dans la campagne japonaise, ni le français ni l’anglais ne sont compris. Travailler comme menuisier ou charpentier y était quasi impossible. J’ai donc trouvé un emploi improbable : préparer des fondues savoyardes dans un restaurant français à Sapporo, au nord du pays.
Avec quelques économies, j’ai ensuite entrepris un pèlerinage sur l’île de Shikoku : 1 400 km à pied, en deux mois, pour relier les 88 temples bouddhistes. Les Japonais appellent les pèlerins qui marchent dans les pas de Kūkai, fondateur du bouddhisme Shingon, les Henro (遍路).


Durant ce voyage, j’ai rencontré des menuisiers et ébénistes, découvert leurs méthodes de travail, échangé sur nos cultures et nos architectures. J’ai aussi visité des musées de la charpente, fascinants par la complexité des assemblages japonais : démontables, restaurables, adaptés aux contraintes géographiques.
Ces expériences furent une source d’inspiration immense. Mais mon voyage touchait à sa fin, et c’est à mon retour en France que j’ai choisi de m’installer en Auvergne, au cœur de cette région volcanique qui m’a séduit.



2020 : naissance d’une aventure.
Je crée ma société, Henro Manufactura, en hommage à ce pèlerinage qui a marqué ma vie. Mon ambition : transmettre mes valeurs autour du bois.
La qualité des assemblages et des finitions, adaptées à leur fonction.
Le respect des matériaux et de l’environnement.
Le partage de mon savoir-faire, d’une passion.